Singapour | Art, Tea, Fish ♥

Si quelques évênements ont chamboulé mon séjour à Singapour, me voilà déjà bientôt sur le départ. On m'avait dit que 3 jours étaient bien suffisants pour découvrir la ville. Mais je crois que bien au delà de la ville, il en faut beaucoup plus pour découvrir l'âme de ses habitants. Après quelques rendez-vous personnels qui ont pris beaucoup de temps, je tente de profiter de mon dernier jour avant de continuer mon voyage en Malaisie. C'est là - sur Ochard Street - que je fais la connaissance de Wayne (ou Matthieu de son nom français). Il est un de ces artistes singapouriens, amateur de culture et de jeux vidéos. Intéressant !


Nous partageons un café, le temps d'apprendre à mieux se connaitre. Wayne me partage alors qu'il cumule plusieurs casquettes à Singapour, il est voix-off, youtubeur, organise des évênements, chante... Il aime l'art et se tient définitivement à l'écart de toute vie trop...efficiente. Encore plus intéressant dans ce magma du business ! Il me partage alors son goût pour la culture artistique moderne de Singapour. Si en France, la culture revêt rapidement un côté un peu bobo, j'ai l'impression qu'ici la culture est une façon de s'extraire de la business routine.


Voilà une nouvelle partie de l'âme Singapourienne que je découvre. Bien sûr, il me confirme l'idée qu'ici, la "liberté" d'expression est avant tout un concept. Pas de manifestation, pas de controverse, pas d'exhibition public sans accord, au risque de se retrouver poursuivi par la cité Etat. La ville exerce un contrôle important, sans doute parce qu'elle est encore nouvelle dans le créneau libéral, qu'elle a peur d'un trop important laisser-faire...et que la corruption est un des fléaux (récurrent) des gouvernements asiatiques.

Wayne s'est proposé de partir nous perdre dans Singapour. Et il faut avouer qu'en Asie, je n'ai pas la même chance de pouvoir "bien" me perdre comme en Europe. Il m'arrive souvent que les endroits où j'atteris soient assez glauques. Mais avec lui, j'apprends à me promener dans la découverte de l'inconnu. Nous arrivons sur le site qui borde la Pinacothèque de Paris, qu'il n'a pas visité depuis sa rénovation. Voilà qui m'est familier. Peut être que ce "Paris" fièrement brandé est une des raisons qui déclenchent mon attachement à ce lieu. Ce qui est sûr, c'est que j'ai enfin trouvé un endroit réellement paisible dans cette ville qui ne dort jamais.



Etrangement, personne ne profite de ce lieu. Pour moi, c'est sans doute l'un des endroits les plus agréables de la city, mais il faut croire que les Singapouriens préfèrent les endroits plus trendy, qui ne nécessitent pas de prendre les escaliers perdus entre deux canaux. Personnellement, j'ai trouvé mon endroit ! Mais je me demande maintenant s'il est vraiment légitime de dire que mon endroit est indirectement rattaché à mon pays...


Nous poursuivons ensuite notre chemin. C'est là que nous tombons sur le musée des Peranakan. L'occasion pour Wayne de m'expliquer qu'il en est et que ce terme signifie en réalité les chinois issus de l'immigration, qui s'étaient préalablement installés aux abords de Malacca. D'après lui, le fait de provenir d'un pays différent de la Chine et d'y avoir vécu, a donné lieu à une culture propre aux Chinois Malaquais, ni vraiment chinois, ni vraiment malaisiens. Un peu plus loin - à côté de ce musée - se tient une exhibition, accompagnée d'une vente de livres plus...underground ! Il commence à se faire tard mais nous avons encore quelques minutes devant nous et en profitons pour entrer.


Tout ce que j'ai cherché jusqu'alors à Singapour est ici, devant moi. Son Histoire, sa culture, tout ceci n'était pas qu'artifice. Le Singlish, les Peranakan, le melting pot des cultures et les manuels de la vie Made In Singapore sont ici. J'aurais du comprendre que ce pays, cette ville cinquantenaire, est tout juste en train de se construire. Son âme est jeune, adolescente, et ce qu'elle offre à découvrir au delà du business est cette sincère naïveté, cette fraicheur, portée par l'envie de reconnaissance de son expression nouvelle. Mon passage dans la cité Etat s'achève ici, mais tout ceci n'est qu'une première étape avant de mieux revenir !

#Geoffrey