Bali | Entre tourisme et sacré

En arrivant à Bali, je ne pensais pas qu'un numéro indonésien me serait d'une grande utilité, notamment parce qu'il y a de nombreux endroits où le WiFi est accessible. Mais dans sa précautionneuse bienveillance, Marco a tenu à m'offrir une des nombreuses puces créditées qu'il achète pour ses locataires. Me voilà désormais un peu plus local ! Vous ai-je déjà parlé des cottages de Marco ? Au delà de la sérénité qu'ils procurent, il y a ce truc assez typique mais aussi assez fréquent à Bali : L'usage de vitres et du bois à peu près partout ! Mais quand je dis partout, je pense aussi aux petits coins ! Si si, à Bali on peut faire sa commission en regardant son partenaire dormir, où ses convives manger. C'est ça aussi l'ouverture !

Mais ce que j'apprécie particulièrement, c'est cette décoration minimaliste et subtilement agrégée de fleurs de frangipanier. Cette fleur sacrée est très présente dans cette région du monde car le climat se prête à la cultiver. Elle est notamment utilisée pour orner les nombreux temples, en plus des offrandes qui y sont faites. Non seulement c'est une fleur magnifique, mais le parfum qu'elle dégage n'a aucun pareil ce qui en fait une fleur très prisée par les occidentaux.

Un des frangipaniers du jardin de Marco

Mais comme je le disais, la fleur de frangipanier sert beaucoup dans l'ornement des lieux sacrés. Et des temples, il y en a partout et de toutes les tailles, des petits sanctuaires aux édifices majestueux que l'on peut facilement repérer dans les pays hindous, organisés selon les principes du Vastu Shastra. Leur porche est ainsi souvent gardé par des gargouilles protectrices, ou des représentations de divinités. J'ai aussi pu noter la présence de nombreux petits autels à offrandes, disséminés ça et là partout dans la ville. La foi est ainsi assez présente, sans nécessairement amener au prosélytisme. Peut être une question de karma (car dans cette partie du monde, il est sur toutes les lèvres et dans toutes les têtes).

Gargouille du temple de Pantai Pandawa

Autel à offrandes à proximité du Sky Garden Bali

Mais pour l'heure, direction un tout autre type de "lieu sacré" (notamment pour les australiens) : Le SkyGarden Club de Bali, où travaille Made. Il se situe à deux pas de la place eut lieu le triple attentat de Bali (2002) dans lequel plus de 200 personnes avaient trouvé la mort. L'histoire dit que cet attentat était dirigé contre un bar qui n'acceptait l'entrée de locaux qu'en présence d'étrangers. Un événement malheureux, qui traduit sans doute une peur de la déculturation en raison du tourisme de masse.

Monument commémoratif des attentats de 2002

Le Sky Garden où travaille Made est le plus important complexe de nuit de Kuta. On y dénombre pas moins de 8 salles, avec autant d'ambiances. Au delà du club, c'est aussi un endroit où l'on peut manger avant que les gens commencent à s'enivrer jusqu'au petit matin. Pour seulement 90'000 roupies, il est ainsi possible d'avoir un accès illimité aux buffet et boissons (alcoolisées ou non) entre 5pm et 9pm ! Autant dire que personne ne rivalise dans le quartier. Qui dit succès, dit touristes. Pas un seul pas sans croiser un australien en vacances à Kuta. Et je commence à penser que chaque pays riche a sa destination régionale pour décompresser...sans vraiment prendre le temps d'apprécier ce qu'elle a à offrir de sa culture ou de ses paysages. Si j'osais, je crois bien que je comparerais Bali à la charmante catalogne des européens en quête de fête et d'alcool bon marché. Mais promis, je ne les comparerais pas... :D

Un spécimen australien @ Sky Garden Bali
Les parents de Marco, Marco et un de ses amis et moi @ Sky Garden Bali

#Geoffrey