KL | Une journée au(x) musée(s)

Puisqu'en Asie du Sud-Est, faire laver son linge ne coûte presque rien, j'ai pris cette fâcheuse habitude d'amener mon linge à laver au pressing du coin. Mais lorsque je suis allé chercher mon linge hier soir avant de rentrer, j'ai eu la bonne idée d'y oublier mon appareil photo. Autant dire que lorsque je me suis réveillé, je me suis laissé emporter par un petit coup de panique, puisque le pressing en question se situe entre Changkat et Bukit Bintang, deux des quartiers les plus fréquentés de KL ! Fort heureusement, après être allé vérifier chez Burger King et Starbuck's, mon appareil m'attendait bien sagement dans le tiroir de la laverie. Quelle tête en l'air !


Mais cela m'a redonné le sourire et ravivé mon envie de découverte. Me voilà parti pour visiter 2 musées dont m'avait parlé Nicolas Gouletquer, ambassadeur français chargé de la culture ; Le musée des Arts Islamiques et le musée national.

C'est ainsi que j'ai pu découvrir cet art égyptien du 19ème appelé Khayamiya. Il consiste en un assemblage de morceaux de tissus et de cuirs découpés, puis assemblés comme des canvas afin de donner de la couleur aux murs et d'orner les tentes de motifs (souvent floraux), de poèmes ou de versets du Coran. Le tout suit ainsi rigoureusement les règles de l'art et comprend un sallaba de chaque côté (auvent), 14 belma (murs), recouvert d'un toit également décoré.



Aujourd'hui, il ne reste plus vraiment d'artisans manuels pratiquant cet art et les motifs ont évolué avec l'influence d'étrangers qui ont fait voyager cet art dans le monde, notamment lors des différents conflits internationaux du début du siècle. Les quelques ofkhayamiah qu'on peut encore trouver au Caire maintiennent donc ce savoir-faire authentique dans l'espoir de le transmettre, mais la plupart des khayamiya est aujourd'hui produite industriellement.






Parfois, ces motifs peuvent atteindre plusieurs mètres, et on les retrouve notamment aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni. En France, le khayamiya aurait également influencé le travail d'Henri Matisse dans les années 1920' dans son "Portrait avec des rideaux égyptiens" (1948) où serait représenté son appartement de Nice.


A l'étage - à côté de la salle avec le dôme inversé - une exposition temporaire du photographe amateur Awais Yaqub sur le Pakistan datant de 2007. S'il est décrit comme un amateur dans la photographie, certains de ses clichés ont vraiment capté mon attention et mon intérêt. Mon coup de coeur va évidemment pour cette Pashtoon Girl.





A l'étage supérieur, des maquettes des plus belles mosquées du monde. L'occasion de me rendre compte de l'influence islamique dans l'architecture et les civilisations du monde entier. Une réplique de la Mecque est également disposée, ce qui me permet de mieux me représenter le pèlerinage des croyants lorsqu'a lieu la déambulation. Agoraphobes et claustrophobes s'abstenir.


Un peu plus loin, évidemment tout un tas d'éditions différents du Coran et de ses versets. En passant, une bande audio rend également accessible le Coran avec une traduction des paroles en anglais. Une nouvelle occasion de découvrir ce livre sacré et d'en noter la teneur en sagesse, plus qu'en directives. Aussi, je découvre quelques artifices rituelliques, des bijoux, vêtements, armes, vasques et autres objets de la vie courante. Bref, une immersion plutôt réussi dans cet univers dont les courbes sont douces, mais le sens est fort.









Maintenant, direction le musée national ! Je m'attendais également à ce que la religion ait un certain poids, puisqu'au delà du fait qu'elle est celle de 2/3 de la population, l'Islam guide la plupart des décisions politiques et le quotidien des malaisiens. Mais en réalité, le musée va bien au delà du sujet et explique même ce lien si particulier que la Malaisie a avec l'Indonésie, avec qui elle ne formait - il y a bien longtemps - qu'un seul territoire. Épatant, non ? Ils sont donc remontés....assez loin dans l'Histoire !


Comme dans beaucoup de musées historiques, il est possible de retrouver des outils utilisés par les civilisations précédentes, et pas forcément très éloignés de ceux qu'on utilise aujourd'hui. Une nouvelle occasion de me rendre compte qu'il y a eu un monde avant le notre, et qu'il y en aura sans doute un nouveau après nous...



Dans une autre pièce, des objets plus confessionnels liés au bouddhisme notamment, mais aussi des symboles de pouvoir, de guerres, des décorations et éléments du quotidien. Je note que beaucoup d'entre eux trouvent leurs origines dans la région de Perak.






Bien entendu, il était évident que le musée national reviendrait sur les épopées colonialistes de la Malaisie. Voilà donc un petit complément d'information à ce que j'ai pu découvrir à Malacca. L'occasion d'apprendre au guide que l'Eglise Saint-Paul de Malacca ne s'est pas toujours appelé ainsi... Mais je dois avouer qu'au delà des éléments d'Histoire, ce qui m'a visuellement plu reste les coiffes des Sultans des différentes régions. Des éléments si sommaires et pourtant si symboliques, qu'on se sentirait presque privilégié de pouvoir les admirer !









#Geoffrey